Retour sur l'écriture du manuel sur OpenStreetMap en kreyol ayitien

Début décembre, j'annonçais le début d'un libérathon qui visait à traduit le manuel OpenStreetMap en kreyol haïtien. Cette traduction en créole devrait permettre à une plus grande partie de la population haïtienne de s'approprier le logiciel de cartographie collaborative si utilisé depuis le tremblement de terre de janvier 2010, et de participer à la mise à jour de la carte la plus détaillée du pays. Capture_du_2012-12-23_01_01_33.png

Voici donc un petit retour sur le déroulement du sprint.

Invitée par les acteurs d'Humanitarian OpenStreetMap grâce à une collecte de fond sur Kickstater, j'arrive donc le samedi 1er décembre au camp d’Haïti communitere .

Début de sprint

Lundi en fin de matinée arrivent les cing premiers sprinteurs. Judith Cerisier est arrivée très tôt mais que les gardiens à l'entrée n'avaient pas su orienter :-), Presler Jean, si enthousiaste pour le projet, Samuel Paul Alcé, qui allait tenir longtemps le flambeau des chapitres à finir, Waguens Acé, qui nous venait de Saint Marc et Bully plein d'enthousiasme.

Ce jour là, nous devons construire la table des matières. Ce qui prend d'habitude une heure, nous aura pris la journée. Les haïtiens m'apprend-on, aiment beaucoup palabrer :-). Au moins, nous sommes tombés d'accord et le contenu du livre fait à peu près l'unanimité. Enfin "nous", je m'inclue à moitié: la facilitatrice que j'étais ne pouvait pas décider de grand chose: toute la joie et l'aventure d'animer l'écriture d'un manuel dans une langue qu'on ne maîtrise pas.

Tenir le rythme

Mardi matin, il nous reste donc quatre jours pour finir ce manuel, en s'assurant de faire une bonne adaptation et pas seulement une traduction. Nous nous appuyons principalement sur le manuel français, manuel qui nous inspire, qui nous guide, mais auquel il nous faut, en quelques sortes résister. Il faut s'assurer de trouver des exemples haïtiens ou encore d'exclure les chapitres qui impliquent trop de gadget techniques, que les haïtiens n'utilisent pas vraiment. Sur ce point, Jaako et Brian, très impliqués dans le démarrage du projet OpenStreetMap sur Haiti et qui ont formé beaucoup de gens sur place, nous aident à faire des choix. Il faut aussi écrire un chapitre sur l'importance d'OpenStreetMap pour Haiti, chapitre qui parlera avant tout de l'histoire recente, de la société et la géographie locale.

En cours de libérathon, des amis ont rejoint le bateau. Parmi eux, trois nouveaux mappeurs à savoir Remy Schneider, Junior Neptune, Derchy mais aussi Waïkhell James, qui n'est pas impliqué dans OpenStreetMap mais qui est, entre autre, expert en kreyol ayitien. Avec Waguens, ils prennent grand soin de la qualité linguistique du manuel. Et puis Serge Dorval allait aussi contribuer à distance.

Cinq jours, c'est peu et long à tenir. Au jour le jour, on doit faire face à la fatigue, lutter contre la chaleur, ne pas perde le fil du projet. Se déplacer lorsque le soleil tape trop fort, se rapprocher du ventilateur. Quelques bières et quelques rhums alimentent le chemin. Et finalement, vendredi soir, c'est le point final, ou presque.

Impression et édition

Faute d'imprimeur complice d'une impression rapide, en consultation avec les co-organisateurs du sprint (Kate Chapman, Nicolas Chavant, Severin.menard, Brian Wolford, Jaako Helleranta), nous avions opté pour une formule DIY. Ainsi, vendredi soir, rendez-vous chez Jaako pour l'impression des manuels. Apparaissent encore quelques erreurs, fautes de frappe et problèmes d'encodage html et des images à localiser. On travaillera jusqu'au matin avant d'imprimer.

Capture_du_2012-12-23_01_10_54.png Capture_du_2012-12-23_01_18_23.png

En utilisant l'option "booklet" de la plupart des imprimantes (et d'Adobe au besoin), on divise ce manuel de 100 pages en 3 feuillets. Pour la sortie de booki, c'est le format Comicbook qui se prete le mieux à l'impression.

Pour la réalisation d'un manuel physique et durable, il fallu s'appuyer sur des savoirs-faire plus artisanaux. Sur le conseil d'une amie bédéiste, on allait utiliser un mélange du japanese binding et de l'encollage allemand. Armé d'une grosse aiguille, d'une bobine de fil de pêche, de pochettes à découper, de colle, de patience et d'un peu d'idées, nous avons réalisé 15 manuels. Voici le processus en image.

La suite des choses

Une version 0.9 du manuel kreyole sur openstreet a donc été traduite, localisé pour les utilisateurs et utilisatrices haïtien.ne.s et publié sur la plate-forme de FlossManuals.fr.

Pour la consulter en ligne, visitez: http://fr.flossmanuals.net/openstreetmapayiti/

Samuel Ace et Presler Jean, très impliqués dans OSM et la formation de nouveaux cartographes de terrain, s'occuperont du suivi du manuel en tant que mainteneurs. Par exemple, en plus de la mise à jour des chapitres existant, il reste encore à écrire un chapitre concernant la vérification des données sur OpenStreetMap, éventuellement un glossaire pour les débutants, ou des chapitres plus techniques pour les utilisateurs avancées. On s'attend à ce que les futures futures formations à OpenStreetMap témoignent de l'utilité, de l'appropriation et des adaptations à faire au manuel.

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